La roulotte ruche · RESTAURATION DES MILIEUX HUMIDES

Retrouver le ruisseau.

Un chantier, quelques surprises et beaucoup de choses à apprendre : l’histoire de la Briolerie, sur notre terrain à Chimay.

Un ruisseau qui disparaissait sous le béton.

La Briolerie traverse notre terrain. Sur une partie de son parcours, l’eau disparaissait dans des buses en béton. Avec Galhia, nous voulions retrouver un ruisseau à ciel ouvert dans ce fond de vallée.

Cette portion canalisée avait été relevée par le Contrat de rivière Haute-Meuse en 2022. Deux ans plus tard, le projet prend forme dans le cadre de BiodiverCité, avec la Ville de Chimay : retirer les buses et les déchets de béton.

Avant les travaux.

Commencer par regarder ensemble.

Le 4 juillet 2025, nous retrouvons Guy et Martin Huaux, de Terra Joma, pour un repérage. Nous parcourons le ruisseau et les emplacements des futures mares : deux projets dans un même fond de vallée, avec chacun ses contraintes.

Il faut préparer l’accès des engins, mais aussi la sortie des matériaux. Le chantier se trouve en contrebas, à plusieurs centaines de mètres de la route. Nous savions que la pente comptait. Nous n’en avions pas encore mesuré toutes les conséquences.

Avec Guy et Martin Huaux, de Terra Joma.

Enlever les buses… puis remonter les bétons.

Quelques semaines plus tard, Terra Joma intervient sur environ 100 mètres de ruisseau. La pelleteuse dégage les anciennes buses, les soulève et les sort du lit.

Une fois les buses retirées, nous avons laissé le ruisseau tel qu’il se présentait, sans chercher à lui redessiner un parcours.

Les anciennes buses sorties du lit.

Le lit est ouvert. L’histoire continue.

Le 30 novembre 2025, nous filmons l’eau qui circule dans le lit rouvert. Le 11 août 2026, nous découvrons le ruisseau à sec pour la première fois depuis notre arrivée.

Ces deux moments ne suffisent pas à expliquer son fonctionnement ni à mesurer les effets des travaux. Nous continuons donc à revenir : regarder où l’eau passe, comment les berges évoluent et ce qui change au fil des saisons.

Le lit rouvert, à la fin du chantier.

Et au-delà de notre terrain ?

Le travail réalisé chez nous ouvre une autre question : que se passe-t-il ailleurs dans le bassin ? En 2026, les échanges et repérages se poursuivent avec le Contrat de rivière Haute-Meuse, Guy et le DNF, autour de la Briolerie et du Bardompré.

D’autres portions canalisées et obstacles restent à examiner. Cette suite est encore à l’étude, avec les propriétaires, les agriculteurs et les services concernés.

SOUS LA SURFACE

Comment vit un ruisseau ?

Quatre questions pour mieux lire ce qui se passe dans l’eau et sur les berges.

Pourquoi un fond varié compte-t-il ?

Un courant rapide sur des graviers et une poche d’eau calme n’offrent pas les mêmes conditions. Cette diversité permet différentes façons d’habiter le ruisseau.

Approfondir : Pourquoi un fond varié compte-t-il ?

La vitesse de l’eau, sa profondeur et la nature du fond forment ensemble un habitat. Entre les pierres, près d’une racine ou dans une zone plus lente, les possibilités de s’abriter et de se nourrir changent. Les besoins varient selon les espèces et leur âge.

Ces habitats évoluent avec le débit et les saisons. Leur diversité compte, mais elle ne suffit pas à garantir le retour d’une espèce : la qualité de l’eau et l’accès au ruisseau comptent aussi.

Observer le courant, la profondeur et le fond ensemble.

À quoi servent les arbres des berges ?

Leur ombre limite le réchauffement par le soleil. Leurs racines offrent des abris et leurs feuilles alimentent une partie de la vie aquatique.

Approfondir : À quoi servent les arbres des berges ?

Les arbres et arbustes qui bordent l’eau forment la ripisylve. Leurs racines contribuent à tenir les berges et créent des refuges. Les feuilles tombées dans l’eau sont décomposées par des micro-organismes et consommées par certains invertébrés : elles entrent dans la chaîne alimentaire.

L’ombre peut atténuer les températures estivales. Son effet dépend aussi du débit, des apports d’eau souterraine et de la météo.

Une berge vivante fait partie du ruisseau.

L’eau passe. Les animaux aussi ?

Un obstacle peut laisser passer l’eau tout en bloquant des animaux. Pouvoir circuler relie les lieux où ils se nourrissent, se reproduisent et trouvent refuge.

Approfondir : L’eau passe. Les animaux aussi ?

La continuité concerne le parcours vers l’amont et l’aval, mais aussi le déplacement des sédiments qui façonnent le fond. Une connexion retrouvée sur un tronçon reste dépendante des autres obstacles et des habitats accessibles autour.

Les échanges se font également sur les côtés, avec les berges et les zones inondables, et sous le lit, avec les eaux souterraines. Un ruisseau fonctionne avec son environnement, pas comme un simple tuyau.

Regarder les connexions à l’échelle du cours d’eau.

Une eau claire est-elle en bonne santé ?

La transparence ne dit pas tout. Pour comprendre l’état d’un ruisseau, on croise la vie qu’il abrite, les caractéristiques de l’eau et la qualité des habitats.

Approfondir : Une eau claire est-elle en bonne santé ?

En Wallonie, le suivi biologique s’appuie sur quatre groupes : les diatomées, des algues microscopiques, les plantes aquatiques, les invertébrés et les poissons. Leur composition et leur abondance apportent des informations complémentaires aux mesures physico-chimiques.

Une photo ou une rencontre avec un animal constitue une observation utile, pas un diagnostic. Un suivi répété, avec des méthodes comparables, aide à distinguer une évolution durable d’un effet de saison.

Une observation donne un indice ; plusieurs suivis construisent le diagnostic.

AU FIL DE L’EAU, EN WALLONIE

Des vies à découvrir.

Six espèces liées aux ruisseaux et à leurs berges. Ces fiches sont des repères pour l’observation, pas un inventaire de la Briolerie.

6 fiches
Faune

Cincle plongeur

Cinclus cinclus

Un oiseau qui cherche sa nourriture sous l’eau, entre les pierres.

La carte d’identité : Cincle plongeur

La reconnaître

  • Silhouette trapue, queue courte et grand plastron blanc.
  • Tête brune et dos sombre ; mâle et femelle se ressemblent.
  • Plonge et marche sur le fond pour capturer de petits invertébrés.

Son milieu

Cours d’eau rapides, peu profonds et bien oxygénés, avec un fond pierreux. En Wallonie, il niche surtout au sud du sillon Sambre-et-Meuse.

Sa place dans le ruisseau

Il se nourrit notamment de larves d’insectes aquatiques. La qualité du ruisseau compte autant que les cavités où il peut nicher.

Attention aux confusions

Son allure évoque un merle, mais la combinaison queue courte, large poitrine blanche et plongées est caractéristique de l’adulte.

Présence sur notre tronçon non documentée.

Photo de référence · format adapté : Dirk-Jan van Roest · CC BY 2.0

Faune

Bergeronnette des ruisseaux

Motacilla cinerea

Une longue queue qui balance au-dessus des pierres et des berges.

La carte d’identité : Bergeronnette des ruisseaux

La reconnaître

  • Environ 18–19 cm, dont une très longue queue.
  • Dos gris et jaune sous le corps, particulièrement sous la queue.
  • Déplacements vifs au bord de l’eau et vol ondulant.

Son milieu

Rives de ruisseaux et de rivières, pierres émergées et plages de graviers. Elle fréquente aussi certains bassins et ouvrages proches de l’eau.

Sa place dans le ruisseau

Elle prélève des insectes, leurs larves et d’autres petits invertébrés sur les rives et au contact de l’eau.

Attention aux confusions

La bergeronnette grise a peu de jaune. La printanière a une queue plus courte : un ventre jaune seul ne suffit donc pas à l’identifier.

Présence sur notre tronçon non documentée.

Photo de référence · format adapté : Charles J. Sharp · CC BY-SA 4.0

Faune

Caloptéryx vierge

Calopteryx virgo

Des ailes bleu sombre au-dessus du courant, après une jeunesse aquatique.

La carte d’identité : Caloptéryx vierge

La reconnaître

  • Mâle au corps bleu-vert métallique, ailes presque entièrement bleu sombre.
  • Femelle verte métallique, avec des ailes brunâtres translucides.
  • Adultes surtout visibles de mai à septembre dans nos régions.

Son milieu

Ruisseaux à eau claire et courante, avec des berges végétalisées et une alternance d’ombre et de soleil. Ses larves sont sensibles à l’oxygénation et à la pollution.

Sa place dans le ruisseau

Son cycle relie deux milieux : la larve grandit sous l’eau pendant un à deux ans ; l’adulte évolue dans la végétation des berges.

Attention aux confusions

Chez le caloptéryx éclatant mâle, la zone bleue forme une bande au milieu de l’aile. Les femelles sont plus difficiles à distinguer.

Présence sur notre tronçon non documentée.

Photo de référence · format adapté : Richard Bartz · CC BY-SA 2.5

Flore

Aulne glutineux

Alnus glutinosa

Un arbre familier des berges, reconnaissable à ses petits cônes ligneux.

La carte d’identité : Aulne glutineux

La reconnaître

  • Feuilles arrondies, souvent échancrées au sommet.
  • Bourgeons violacés portés par un petit pédoncule.
  • Petits cônes persistants et longs chatons mâles ; floraison en mars–avril.

Son milieu

Espèce indigène de Wallonie, présente au bord des eaux et dans les bois humides. Ses racines supportent les sols gorgés d’eau.

Sa place dans le ruisseau

Il forme une partie des boisements riverains et des forêts alluviales, à l’interface entre le cours d’eau et les terres régulièrement inondées.

Attention aux confusions

L’aulne blanc a des feuilles terminées en pointe et un revers grisâtre et velu ; celles de l’aulne glutineux sont plutôt arrondies et peu velues dessous.

Présence sur notre tronçon non documentée.

Photo de référence · format adapté : Nikanos · CC BY-SA 2.5

Flore

Reine-des-prés

Filipendula ulmaria

De hautes fleurs crème dans les végétations humides qui bordent l’eau.

La carte d’identité : Reine-des-prés

La reconnaître

  • Vivace généralement haute de 50 à 150 cm.
  • Feuilles composées de grandes et petites folioles ; la terminale est lobée.
  • Nombreuses petites fleurs blanc crème, de juin à septembre.

Son milieu

Prairies humides, fossés et bords des eaux, sur des sols restant frais à marécageux. Elle pousse sur la berge, pas dans le courant.

Sa place dans le ruisseau

Ses fleurs sont visitées et pollinisées par des insectes. Elle participe aux hautes végétations herbacées des milieux humides.

Attention aux confusions

La filipendule vulgaire possède des folioles bien plus finement découpées et rapprochées, et préfère les milieux secs. Regardez les feuilles autant que les fleurs.

Présence sur notre tronçon non documentée.

Photo de référence · format adapté : Christian Fischer · CC BY-SA 3.0

Flore

Populage des marais

Caltha palustris

Une floraison jaune d’or au printemps, là où le sol reste mouillé.

La carte d’identité : Populage des marais

La reconnaître

  • Vivace de 5 à 50 cm, à tiges creuses et sans poils.
  • Feuilles luisantes en cœur ou en rein, à bord crénelé.
  • Fleurs jaune d’or à cinq grandes pièces florales, généralement en avril–mai.

Son milieu

Suintements, marais, prairies et bois très humides. En Wallonie, on le rencontre notamment dans les aulnaies et aux abords de petits cours d’eau.

Sa place dans le ruisseau

Sa floraison précoce est pollinisée par les insectes ; l’eau participe ensuite à la dispersion de ses graines.

Attention aux confusions

La ficaire a généralement des feuilles plus petites et non crénelées, et des fleurs aux pétales plus nombreux. Ne concluez pas sur la seule couleur jaune.

Présence sur notre tronçon non documentée.

Photo de référence · format adapté : Jasper33 · Domaine public

UNE IDÉE POUR VOTRE TERRAIN ?

Commencer par le lieu.

Notre chantier raconte un cas particulier. Pour votre ruisseau, le premier pas consiste à comprendre ce qui pose problème et avec qui en parler.

Observer avant de choisir une intervention

Repérez les obstacles, les arrivées d’eau et les usages autour du ruisseau. Des photos prises aux mêmes endroits, à différentes saisons, aideront à présenter la situation.

Trouver les bons interlocuteurs en Wallonie

Contactez le gestionnaire du cours d’eau pour examiner votre projet et les autorisations nécessaires avant de commencer les travaux. Pour un cours d’eau non classé, adressez-vous à la Province.

Préparer un projet adapté

Faites préciser les objectifs, les moyens et le suivi avec les personnes qui connaissent le cours d’eau. Un devis et un calendrier doivent tenir compte des contraintes propres au terrain.

Notre leçon de chantier ↑

Pour poursuivre.

Les autres photos du terrain
Les films du projet

YouTube

Sortir le ruisseau de ses buses

Louis raconte le retrait des buses et la remise à ciel ouvert du ruisseau à La roulotte ruche.

Voir sur YouTube ↗

Le ruisseau à ciel ouvert, le 30 novembre 2025

6 secondes · sans son.

YouTube

Ce petit ruisseau pourrait devenir exceptionnel

Une présentation par Louis des possibilités de restauration et des questions qui restent ouvertes sur le cours d’eau.

Voir sur YouTube ↗

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L’inventaire avec le Contrat de rivière et le DNF

1 min 45 · Louis accompagne la reconnaissance du bassin versant avec Frédéric et Sébastien. Un film pour comprendre ce qui précède un nouveau chantier.

Voir sur Facebook ↗Le lien ouvre la vidéo sur Facebook ; une connexion peut être demandée.
Les sources du récit et les partenaires

Ce récit s’appuie sur nos images et notre journal de terrain. Le chantier a été préparé avec la Ville de Chimay dans le cadre de BiodiverCité et réalisé par Terra Joma. Le Contrat de rivière Haute-Meuse et le DNF participent aux échanges sur la suite.

Les partenaires du projet →
Le soutien collectif aux restaurations

La collecte Ulule de 2025 a réuni 6 195 € grâce à 77 contributions pour plusieurs projets du lieu, dont le ruisseau, les mares, la prairie fleurie et l’accueil pédagogique. Ce montant n’est pas le coût du chantier du ruisseau.

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La lettre de La roulotte ruche

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