La roulotte ruche · LES MILIEUX HUMIDES
Redonner de la place au fond de vallée.
Pour décider de l’avenir de cette partie du terrain, nous avons commencé par regarder son histoire. Puis nous avons avancé par étapes, en revoyant parfois nos plans.
Choisir ce que nous voulions retrouver
Près du ruisseau, une ancienne plantation d’épicéas occupait le fond de vallée. Beaucoup d’arbres étaient atteints par les scolytes, tandis que d’autres paraissaient encore en bon état. En mai 2023, nous avons pris contact avec le DNF pour clarifier les limites du bois et préparer le projet.
Avec Galhia, nous voulions redonner une place aux milieux humides. Nous avons choisi de conserver les chênes, les charmes, les frênes et les hêtres déjà présents, pour leur permettre de se développer.
Prévoir aussi ce que deviendra le bois
En juin 2024, nous avons signé un contrat avec La Thiérache, une scierie à quelques kilomètres de chez nous. Elle prévoyait de transformer le bois en bois d’œuvre et en plaquettes. Travailler avec une entreprise du voisinage comptait dans notre choix.
Le chantier a suivi en juillet, avec les conseils de Sébastien Dumoulin. Les épicéas et les deux pins de ce secteur ont été retirés. Il fallait ensuite regrouper les troncs et les sortir : en novembre, nous organisions encore l’enlèvement des bois restés sur place pour libérer l’espace nécessaire aux plantations.
Le terrain ouvert nous fait revoir les plans
Les mares avaient été envisagées avant la coupe. En mars 2025, nous avons repris contact avec Tom Baudoux, de Natagora, pour revoir leur emplacement à partir de ce que le terrain nous montrait désormais.
Au printemps, nous avons aussi repris le nettoyage à la main. Entre le chantier forestier et les futurs terrassements, il restait du travail au sol.
Poursuivre la restauration autour de l’eau
En juillet 2025, le creusement des mares et la remise à ciel ouvert du ruisseau ont prolongé cette première transformation. Chaque chantier avait sa préparation, ses partenaires et son calendrier.
À l’automne, avec Guy et Galhia, nous préparions la place d’une troisième mare. Des rondins et d’anciens barbelés restaient à déplacer. Il restait aussi à dégager les derniers épicéas. Lors de son creusement, une grande partie des souches et des branches a été enlevée ; les autres sont restées sur place.
Revenir voir ce qui pousse
En juillet 2026, les berges se végétalisent. Nous revenons suivre les repousses et la présence de l’eau au fil des saisons, pour décider où laisser évoluer le milieu et où intervenir.
Ce paysage résulte de plusieurs transformations successives. Nous ne pouvons pas attribuer à la seule coupe des épicéas les changements observés après les travaux sur les mares et le ruisseau.
POUR MIEUX COMPRENDRE
Quelques clés pour lire le paysage.
Un arbre familier n’est pas toujours un arbre indigène.
L’épicéa est très présent dans nos paysages. En Wallonie, il a pourtant été introduit, notamment pour son bois.
Approfondir : Un arbre familier n’est pas toujours un arbre indigène.
Le Fichier écologique des essences le décrit comme introduit puis naturalisé. Il existe bien des forêts naturelles d’épicéas dans d’autres régions d’Europe. Pour choisir quoi planter ou conserver, il faut donc regarder l’histoire locale, le sol et le climat : une essence adaptée à une région ne l’est pas à tous les terrains.
Une partie de la pluie n’atteint jamais le sol.
Les aiguilles et les branches retiennent de l’eau ; une partie s’évapore avant de parvenir au pied des arbres.
Approfondir : Une partie de la pluie n’atteint jamais le sol.
Ce phénomène s’appelle l’interception. Les racines prélèvent aussi de l’eau, que l’arbre restitue en partie à l’atmosphère par transpiration. Un couvert dense et persistant influence donc la disponibilité en eau. Son importance varie avec la pluie, le sol et le peuplement. Retirer les épicéas peut réduire cette pression ; le devenir de l’eau dépend aussi du ruisseau, du sous-sol et des saisons.
Rendre de la lumière, garder des arbres.
Une prairie humide, une lisière et des feuillus peuvent se compléter dans un même fond de vallée.
Approfondir : Rendre de la lumière, garder des arbres.
Sous un couvert persistant très dense, peu de lumière arrive au sol. La réouverture permet à d’autres végétations de se développer. Dans les restaurations wallonnes du LIFE-Lomme, le choix porte sur une mosaïque d’habitats, selon les conditions du terrain.
De petits insectes, de grands changements.
Les scolytes peuvent accélérer le dépérissement d’épicéas déjà fragilisés.
Approfondir : De petits insectes, de grands changements.
Ces coléoptères creusent des galeries sous l’écorce. Les fortes chaleurs favorisent leur multiplication, tandis que la sécheresse affaiblit les défenses des arbres.
Le chantier doit aussi prendre soin du sol.
Une zone humide peut souffrir du passage des machines utilisées pour la restaurer.
Approfondir : Le chantier doit aussi prendre soin du sol.
Des passages répétés sur un sol qui porte mal peuvent créer des ornières et tasser la terre. Les accès, les zones de dépôt et la possibilité de reporter les travaux comptent donc dès le devis.
Couper les arbres ne termine pas la restauration.
Le milieu continue d’évoluer après le départ des machines.
Approfondir : Couper les arbres ne termine pas la restauration.
Les repousses et la végétation spontanée peuvent refermer progressivement une zone ouverte. Un suivi naturaliste aide à décider où intervenir et où laisser pousser, en fonction des habitats que l’on souhaite maintenir.
LE VIVANT DOCUMENTÉ
Ce qui a été retiré. Ce qui a été gardé.
Une partie des épicéas était scolytée. Les chênes, charmes, frênes et hêtres présents ont été conservés. Chaque fiche relie ce récit du chantier à des repères pour reconnaître les arbres et comprendre les traces observées.
LES CLÉS POUR SE LANCER
Préparer une restauration adaptée à votre terrain
Notre expérience donne des points de départ. À vous de les adapter à votre terrain, à vos moyens et aux conseils recueillis sur place.
Un premier pas, puis le suivant.
Gardez les questions et les démarches utiles dans une fiche à compléter avec vos interlocuteurs.
Une fiche texte, facile à conserver et à partager.
01Comprendre le lieu avant de choisir l’intervention
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Repérez les zones humides, les arbres présents et les végétations à conserver. Comparez, si possible, d’anciennes cartes ou photographies pour comprendre les usages passés. Faites visiter le terrain à une personne compétente en milieux naturels et en gestion forestière. Définissez avec elle le milieu que vous souhaitez retrouver et les interventions qui peuvent réellement y contribuer.
À préparer : un plan annoté, des photos de départ et un objectif lié au fonctionnement du lieu.
02Clarifier les limites et les autorisations
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Identifiez les parcelles, leur propriétaire et les droits d’accès. Présentez le projet aux services chargés de la forêt, de l’environnement et de l’urbanisme dans votre territoire. La proximité d’un cours d’eau, le statut du boisement ou une protection particulière peuvent changer les démarches. Faites préciser les accords nécessaires avant de fixer une date de travaux.
À réunir : un plan des limites, les interlocuteurs concernés et les autorisations requises pour ce terrain.
03Chiffrer séparément les travaux et la valeur du bois
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Faites visiter la parcelle avant de demander une offre. Faites préciser la coupe, le regroupement des troncs, leur transport, les accès et les éventuelles remises en état. Si du bois est vendu, demandez comment son prix est calculé et qui assume chaque opération. Comparez les dépenses et la recette du bois pour connaître le montant qui reste réellement à financer.
À garder : une offre écrite qui distingue le travail, les responsabilités et l’achat éventuel du bois.
04Préparer les accès et le devenir des branches
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Avant le chantier, repérez avec l’entreprise les arbres à conserver, les zones humides, le trajet de sortie des troncs et leur lieu de dépôt. Précisez ensemble les protections et les conditions qui imposeraient de suspendre les passages.
Décidez aussi du devenir des branches et des souches. Dans certains chantiers du LIFE Ardenne liégeoise, les machines circulaient sur un lit de branches pour ménager le sol. Le traitement des souches tenait notamment compte d’un entretien ultérieur par fauche. Convenez de ce qui restera sur place, sera regroupé ou enlevé : ces choix dépendent du milieu recherché et de son entretien.
À valider avant le chantier : les accès, les zones préservées et les conditions d’intervention.
SPW · Préparer et mener les travaux de restauration ↗05Revenir sur le plan après l’ouverture
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Une fois les travaux réalisés, faites une nouvelle visite avec vos partenaires. Regardez ce que l’ouverture change pour les écoulements, les accès et les aménagements envisagés. Actualisez les plans des étapes suivantes et vérifiez si ces adaptations demandent de compléter une autorisation. Laisser du temps entre deux interventions peut aider à mieux lire le terrain.
À mettre à jour : le plan du lieu et le calendrier des prochains travaux.
06Décider où laisser pousser et où intervenir
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Après l’ouverture d’un boisement, la végétation continue de changer. Dans les secteurs que l’on souhaite garder ouverts, de jeunes arbres peuvent progressivement reprendre de la place. Ailleurs, leur développement peut correspondre au milieu recherché. L’entretien se décide donc par secteur, à partir de l’objectif choisi et de ce qui pousse réellement.
Repérez quelques points de vue faciles à retrouver et reprenez les photos aux mêmes saisons. Notez les jeunes arbres qui apparaissent, les végétations qui s’étendent et les interventions réalisées. Si une espèce vous est inconnue, faites-la identifier avant de décider de la couper. Revenez sur ces observations avec la personne qui vous accompagne : faut-il laisser évoluer cette zone, dégager certaines jeunes pousses ou maintenir une ouverture ? Gardez la date et la raison de chaque intervention pour pouvoir en suivre les effets.
À transmettre : les photos datées, le carnet de suivi et les décisions prises pour l’entretien.
SPW · La gestion après restauration ↗Pour poursuivre.
Les autres photos du terrain
Les films du projet
La prairie et la lisière le 5 juin 2025, avant le creusement des deux mares de juillet
Archive personnelle · 4 secondes · sans son. Cette vue précède le chantier des mares de juillet 2025.
Des résineux au bord de l’eau : regarder le milieu
1 min 36 · Un éclairage de terrain avec Guy sur les plantations denses. Les images du chantier de La roulotte ruche sont à retrouver dans le récit et la galerie.
Voir sur Facebook ↗Le lien ouvre la vidéo sur Facebook ; une connexion peut être demandée.Les sources du récit et les partenaires
Ce volet est porté par Galhia et Louis. Les échanges préparatoires ont été menés avec le DNF ; La Thiérache intervient dans le dossier du lot de bois et de son évacuation. Le projet de mares a ensuite été ajusté avec Tom Baudoux.
- Notre bilan du lieu ↗
- Le chantier des mares et du ruisseau ↗
- La roulotte ruche · chantier du 2 juillet 2024 ↗
- La roulotte ruche · préparation de la troisième mare, 15 octobre 2025 ↗
- Louis Jacques · précisions sur le chantier, validées le 22 octobre 2026
- INRAE · Le bilan hydrique ↗
- SPW · Préparer et mener les travaux de restauration ↗
- Parc national de forêts · Reconnaître les essences ↗
- ONF · Comprendre la crise des scolytes ↗
- SPW · Trognes de Wallonie ↗
- LPO · Reconnaître le charme commun ↗
- Sorbonne Université · Le frêne commun ↗
- SNHF · Le hêtre d’Europe ↗
- Fichier écologique des essences · Épicéa commun ↗
- INRAE · La pluie sous le couvert forestier ↗
- SPW · Restaurer les milieux des fonds de vallée ↗
- SPW · La gestion après restauration ↗
- Voir le film avec Guy ↗
Les moyens du projet
La vente du lot de bois a été organisée avec La Thiérache. Le coût des interventions et la recette du bois doivent être distingués pour comprendre le financement du chantier.
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